Mpox au Cameroun : état des lieux, prévention et garanties pour les touristes
Interview : Dr Serge Bruno EBONG
Le Cameroun a récemment enregistré quelques cas de Mpox, anciennement appelée variole du singe. Dans un contexte où la santé publique et la sécurité des voyageurs constituent des priorités majeures, Le Touriste a sollicité l’éclairage du Dr Bruno EBONG, médecin de santé publique, afin de mieux comprendre cette maladie, ses modes de transmission et les mesures mises en place pour protéger aussi bien les populations locales que les visiteurs.
Qu’est-ce que la variole du singe (Mpox) ?
La variole du singe est une zoonose, c’est-à-dire une infection transmise de l’animal à l’homme. Il s’agit d’une maladie virale causée par un virus à ADN.
Cette distinction est importante : les virus se répartissent principalement en deux groupes : les virus à ARN et les virus à ADN. Contrairement à certains virus à ARN, le Mpox, qui est un virus à ADN, peut bénéficier de traitements efficaces lorsque la prise en charge est précoce.
Cette caractéristique permet d’envisager des stratégies thérapeutiques adaptées et renforce les perspectives de contrôle de la maladie.
Quels sont les modes de transmission ?
La transmission du Mpox s’effectue principalement à partir de certains animaux infectés, notamment des rongeurs (écureuils de forêt, rats) et, plus rarement, des singes.
Chez l’homme, la contamination survient essentiellement par :
- le contact direct avec les lésions cutanées d’une personne infectée
- le contact avec des animaux infectés, vivants ou morts
- le contact indirect avec des objets contaminés, tels que la literie ou les vêtements
- plus récemment identifié, la transmission par gouttelettes respiratoires, notamment lors d’une toux ou d’un contact rapproché prolongé avec une personne infectée
Quels sont les signes cliniques ?
La maladie se manifeste principalement par des éruptions cutanées caractéristiques, souvent appelées « boutons ». Ces lésions constituent le signe distinctif du Mpox.
Elles peuvent être accompagnées d’un syndrome infectieux général, comprenant :
- fièvre
- frissons
- maux de tête (céphalées)
- courbatures
- fatigue intense (asthénie)
Comment prévenir la maladie ?
La prévention repose avant tout sur des gestes simples et des comportements responsables.
Il est recommandé de :
- éviter le contact avec des animaux sauvages, notamment ceux susceptibles d’être porteurs du virus
- limiter la consommation et la manipulation de viande de brousse mal préparée
- éviter tout contact cutané rapproché avec des personnes présentant des éruptions cutanées suspectes
- renforcer l’information et la sensibilisation des populations sur les facteurs de risque
Comment les autorités sanitaires informent-elles les visiteurs ?
La communication pour la santé constitue l’un des piliers de la riposte sanitaire.
Le ministère camerounais de la Santé publique a déployé une vaste campagne d’information à travers :
- des affiches explicatives dans les lieux publics
- des flyers diffusés sur les réseaux sociaux
- des messages de sensibilisation sur les symptômes, les modes de transmission et les mesures de prévention
Ces actions visent aussi bien les populations locales que les voyageurs.
Existe-t-il des zones à risque au Cameroun ?
À ce jour, aucune zone spécifique du pays n’est considérée comme interdite ou particulièrement à risque.
Lorsqu’un cas suspect est identifié, un protocole rigoureux est immédiatement enclenché :
- diagnostic par prélèvement
- confirmation par test PCR
- mise en observation du patient
- prise en charge médicale adaptée
Le cas est ensuite intégré au système national de surveillance sanitaire.
Quelles mesures pour les personnes contacts ?
Les autorités sanitaires procèdent au tracking, une méthode consistant à retracer le parcours d’un cas confirmé afin d’identifier toutes les personnes ayant été en contact avec lui.
Ces contacts sont suivis, testés si nécessaire et pris en charge conformément aux protocoles en vigueur.
Un message rassurant pour les touristes
Le message est clair : aujourd’hui, au Cameroun, cette épidémie est sous contrôle. Les cas sont détectés précocement, ce qui limite fortement la transmission.
Les touristes peuvent être rassurés. Des dispositifs de veille sanitaire sont opérationnels dans les aéroports et aux points d’entrée du territoire, avec la présence de formations sanitaires et de cellules de coordination épidémiologique.
Terre d’hospitalité et de diversité, le Cameroun demeure une destination sûre. Le Mpox, comme d’autres infections observées à travers le monde, fait l’objet d’une surveillance étroite et d’une réponse sanitaire structurée.
Propos recueillis par Hervé MBOLO
