Festival NSEM TODJOM 2026
Sous l’impulsion de Sa Majesté Dr DJOMO KAMGA Honoré, Roi des BANDJOUN, Président du Comité d’organisation, la dixième édition du festival biennal Bandjoun, NSEM TODJOM s’est tenue du 21 au 28 février 2026 à Bandjoun sur l’esplanade du marché de la chefferie sous le thème « Ensemble, pour une agriculture soutenue par le savoir-faire Bandjoun ».
Essence
Cette édition, à l’instar des précédentes, se voulait une grand-messe culturelle, artistique, touristique et économique. Une présentation aux yeux du monde des richesses culturelles, patrimoniales et artistiques de leur terroir que le roi Bandjoun ainsi que ses filles et fils célèbrent tous les 2 ans.
Festival patrimonial
Chaque journée du festival est meublée par des expositions et prestations de danses culturelles et patrimoniales choisies pour la cause suivant un programme bien défini. Entre autres les danses Mwuop, Messu, Lali, Mougo, Gokgue, Guinkam se sont produites, couronnées par le Tso (Parade royale) pour la clôture du festival.
Festival culturel
Le NSEM TODJOM est aussi un moment de communion et d’échange interculturel. C’est ainsi que lors de l’édition 2026, on a vu plusieurs rois, et assisté à des parades de quelques royaumes triés sur le volet. Des spectacles de musique moderne aussi ont meublé les articulations du festival pendant les huit jours de l’événement avec des artistes de renom tels SERGEO POLO et la Mama Annie ANZOUER, auteure du titre à succès « Mon héros bandjounais ». Quelques chefs du grand SAWA étaient des invités d’honneur.
Il faut noter ici la présence d’une quinzaine de rois invités, dont deux sont les familiers du roi des Bandjoun suivant l’histoire de la création de chaque royaume. Le roi des Baleng, Sa Majesté Fô NEGOU TELLA Alain Guillaume et le Roi des Bamendjida, Majesté TANEFO Jean Marie. C’est ce qui explique le fait de les voir en tête de proue et à proximité du roi DJOMO KAMGA Honoré lors de la parade de la danse « Tso » qui est la parade la plus attendue par le peuple Bandjoun et les invités lors de la clôture de chaque édition du NSEM TODJOM comme ce fut le cas ce samedi 28 février 2026.
Notons également le concours du Miss NSEM TODJOM 2026 qui sur le plan culturel et l’enjeu de son organisation repose sur l’apprentissage et la maîtrise parlée de la langue « GHOMAJO » par tous les fils et filles où qu’ils soient. C’est pour cela que ce concours est ouvert à tous les jeunes.
Festival agropastoral
« Ensemble, pour une agriculture soutenue par le savoir-faire Bandjoun ». Ce thème de l’édition 2026 est assez évocateur de la vision que le roi DJOMO KAMGA Honoré porte pour le développement d’une agriculture modernisée dans son royaume. La part belle a été offerte aux festivaliers agriculteurs et promoteurs de produits et services liés au secteur agropastoral. On a pu observer entre autres des produits agricoles et avicoles, des tracteurs et matériels de productions agropastorales, des représentants du ministère de l’agriculture, du développement urbain et de l’habitat, de la culture et aussi du tourisme.
Après la fantastique et très particulière parade de la danse « Tso », le roi des Bandjoun a convié ses invités à visiter tous les stands avant de le rejoindre dans la grande case royale et sa grande cour où un espace aménagé et bien décoré leur était réservé pour la réception royale prévue.
Festival artistique et gastronomique
Le festival NSEM TODJOM est également l’occasion pour les fils et filles de ce groupement de présenter aux yeux du monde la diversité culinaire qu’ils possèdent. Le « Pôh Chignâh » et le « Pôh nâh kéh » appelé Taro sauce jaune ou Taro sauce épices sans huile, le « poumsèh » ou gâteau de maïs ainsi que des arachides dites « du village » ont été en grand partage lors de la réception, ajoutés à d’autres mets traditionnels (Ndolè, Eru) et modernes. Pour dire aurevoir à ses convives, le Roi Dr DJOMO KAMGA Honoré a offert à chacun un paquet d’arachides crues.
Sur le plan artistique, on pouvait observer des expositions des produits d’artistes de plusieurs ordres (dessins, sculptures) dont celui d’un exposant de produits en bois qui nous a marqué avec des armoiries, des chaises royales et autres objets sculptés sur bois jusqu’au majestueux lit à coucher.
Festival touristique et économique
Comme tout festival, le NSEM TODJOM est l’occasion pour toutes les personnes éprises de tourisme de vivre leur passion. Une excellente occasion offerte aux touristes ou visiteurs de prendre plaisir, s’épanouir et se divertir. Les festivaliers exposants ont réalisé des ventes dont les fruits contribuent au développement économique de la communauté. La commune de Bandjoun, représentée par son Maire Mme Nicky Love MAPTUE FOTSO, a gagné en visibilité, en plus des recettes qui lui permettront de réaliser ses projets. Les hôtels et autres restaurants ne sont pas en reste. Au-delà des découvertes, c’est un moment de partage et de communion entre les touristes, les visiteurs et le peuple Bandjoun.
Sa majesté, Dr DJOMO KAMGA Honoré ambitionne, au terme de ce festival, la mobilisation de ses fils et filles pour la construction d’un somptueux centre culturel dont la maquette a été présentée sur l’esplanade du marché ou « Sim Dzembo », puis exposée dans la cours royale à l’appréciation de tous.
Il ne reste plus qu’à espérer la reconnaissance par l’UNESCO du Festival NSEM TODJOM comme patrimoine mondial immatériel de l’humanité pour qu’il soit une fenêtre pour plus de visibilité, de promotion culturelle et touristique à la suite de bien d’autres tels les festivals Nguon, le Ngondo, le Guruna et Mvet Oyeng récemment reconnus pour ne citer que ceux-ci.
Jean-Marie TIOBOU, Envoyé Spécial
Zoom : Le TSO, une danse légendaire
La légende présente Bandjoun comme un grand royaume construit par un puissant guerrier au nom de FO FOTSO II appelé encore FOTSO MESSUDOM. L’histoire raconte que dans ses conquêtes et ses batailles, il a vaincu et repoussé avec ses guerriers l’invasion des guerriers haoussas qu’ils combattirent pendant de longues années. À chaque victoire il fallait revenir présenter la queue du cheval de l’ennemi vaincu. C’est donc ce qui explique le fait que tous les danseurs des différentes castes de la chefferie royale tiennent toujours entre leurs mains une queue de cheval, symbole de victoire ou de réussite.
La danse « Tso » a pour tête de proue le Chef avec quelques notables de haut rang. Elle s’exécute uniquement sur la place du marché ou « Sim Dzemto », communément appelé « Sim Leng » en référence à Baleng qui est le royaume d’où est venu le puissant roi ayant créé la dynastie Bandjoun. La tunique et les autres attributs du danseur ou du notable comme la peau de panthère sont fonction du rang de chacun, du titre et du grade social et sociétal. Les instruments de musique ici sont l’ensemble du « kuifo » dont le devoir de réserve ne permet guère d’en dire plus. La tenue du danseur ici se compose du pagne « douop » encore appelé « ndop » porté sous forme de jupe avec une large bande rouge symbole de la puissance. La ceinture ou « Tap beleun », est un décor supplétif décoré de perles multicolores et de cauris qui dominent l’ensemble de la décoration. La tunique quant à elle est la traduction du pouvoir et de la responsabilité au regard de son poids (environ 25 kg pour les autres danseurs). Celui du roi des Bandjoun pèse près de 50 kg. Raison pour laquelle lors de la parade, chaque danseur est accompagné d’un assistant qui l’aide de temps à autre à transporter un des éléments d’apparat. Au-delà de la valorisation de la culture, il s’agit d’une démonstration de puissance.
Jean-Marie TIOBOU
