juillet 29, 2026

Votre guide pour découvrir le Cameroun.

PortraitsUncategorized

Emmanuel Sabikanda, Maire de la ville de Kribi

À la faveur de la tenue de la 4ème édition du Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local (SAEDEL) qui s’est tenu à Kribi du 18 du 25 avril 2026, Le Maire de la ville de Kribi, M. Guy Emmanuel Sabikanda, a accordé un entretien au journal Le Touriste.

Monsieur Le Maire, avec le thème du SAEDEL 2026 « Aménagement urbain, Immobilier et durabilité : catalyseurs de développement », on se serait attendu à ce qu’il se tienne dans une grande ville du pays comme Douala ou Yaoundé. Pourquoi le choix de Kribi ?

Le thème du Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local (SAEDEL) 2026 portait sur l’aménagement urbain et la durabilité. Kribi est aujourd’hui le laboratoire vivant de ces problématiques, alliant expansion industrielle et préservation de son patrimoine naturel. Choisir Kribi, c’est choisir la ville où tout se construit aujourd’hui.

Quelle importance et quelles attentes la Mairie de la ville de Kribi accordait-elle au SAEDEL 2026 ?

Nous avons accordé une importance capitale à cet évènement. Nous en attendions des partenariats concrets pour transformer Kribi en une métropole moderne, durable et attractive pour les investisseurs.

Selon ses promoteurs, le SAEDEL est « une plateforme d’échanges pour assurer l’attractivité des régions du Cameroun à travers l’événementiel ». Monsieur Le Maire, où en est l’attractivité de Kribi aujourd’hui ? Elle est plutôt en hausse ou en baisse, et que fait la Mairie de la ville pour l’améliorer ?

L’attractivité de Kribi est en forte progression. Pour l’améliorer, nous investissons dans la modernisation des infrastructures : l’éclairage public, la salubrité urbaine, l’aménagement des espaces verts etc. L’organisation des Salons comme le SAEDEL fait aussi partie de notre stratégie.

En plus de ville touristique, Kribi a acquis désormais le statut de ville portuaire. N’y a-t-il pas un risque que le portuaire et l’industriel qui s’y rattache n’écrasent le touristique ? Quelles mesures la Mairie de Kribi prend-elle pour que cela n’arrive pas ?

Le statut de ville portuaire est un atout, pas une menace. Nous prenons des mesures que pour le pôle industriel ne vienne pas étouffer notre identité balnéaire et touristique historique.

L’avènement du Port Autonome de Kribi va-t-il aider les populations locales à se développer sur le plan économique, ou va-t-on assister à une ruée vers Kribi des détenteurs de capitaux nationaux et internationaux ? Qu’envisage la Mairie de Kribi pour éviter que les populations locales restent à la traine et regardent leur ville avancer sans elles ?

La présence du Port autonome doit profiter aux kribiens. Nous encourageons le contenu local et la formation des jeunes. La Municipalité sensibilise les investisseurs sur l’importance d’intégrer la main d’œuvre locale pour éviter une ville à deux vitesses. Nous mettons en place des programmes d’accompagnement pour que les populations locales soient des acteurs du développement économique et non des simples spectateurs face aux capitaux locaux et internationaux.

À certains endroits de la ville, on a l’impression que la mer avance vers la route. Avez-vous fait ce constat, et quelles mesures la Mairie de la Ville va-t-elle prendre pour qu’à terme la mer n’engloutisse pas la route ?

Malheureusement, comme partout dans le monde entier, les modifications climatiques sont perceptibles et ont plusieurs effets négatifs tels que l’avancée de la mer. Notre agglomération vit cette problématique. Nous avons entrepris des démarches pour anticiper et gérer l’avancée de la mer que nous constatons tous. Un partenariat a été signé avec le Ministère des Transports pour nous accompagner dans cette lutte, afin de répondre efficacement et trouver des solutions réalistes. Plusieurs projets sont sur la table à cet effet.

L’accessibilité de Kribi s’est complexifiée avec la forte augmentation du trafic routier induit par le Port Autonome de Kribi qui détériore également la chaussée. Cela ne relève certes pas de vos compétences, mais l’impact est douloureusement ressenti par les acteurs économiques de Kribi, notamment les hôteliers. Quelles actions la Mairie de la ville mène-t-elle ou compte-t-elle mener pour atténuer les souffrances de ces acteurs ?

Bien que la gestion des axes lourds dépasse nos compétences directes, nous plaidons activement auprès du gouvernement pour la réfection des chaussées dégradés par le trafic portuaire, afin de soulager nos hôteliers et opérateurs économiques. En attendant, la Communauté Urbaine réhabilite les voies secondaires au fur et à mesure.

La mobilité dans la ville de Kribi pour les personnes non véhiculées n’est pas facile, du fait de l’indisponibilité des moyens de transport en commun. À quoi est due cette situation ? Pourquoi n’y a-t-il pas assez de taxi à Kribi, et comment comptez-vous y remédier ?

L’indisponibilité des taxis de ville est une préoccupation pour la Communauté Urbaine de Kribi. La ville s’étend plus vite que l’offre de transport. Nous travaillons à la régulation du secteur des motos-taxis et à l’incitation pour la création de compagnies de transports structurées afin de faciliter les déplacements des populations locales et des touristes.

Le journal mensuel gratuit Le Touriste est de retour dans le paysage médiatique. Quelle appréciation en faites-vous ? De quelle utilité peut-il être pour la mairie de la principale ville touristique du Cameroun qu’est Kribi ?

Nous saluons le retour de ce mensuel. C’est une vitrine essentielle pour promouvoir la destination Kribi et informer sur nos projets de développement.

Propos recueillis par Astawabi Mohamat et Rahinatou Keteki

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *