Tertulienne Kengne Masso, la femme qui fait voyager à l’ombre des grands arbres
Entrepreneure forestière installée dans la région de l’Est, Tertulienne KENGNE MASSO épouse MECHING parcourt les villages, dialogue avec les communautés et apprend le langage du bois. À travers son activité, elle révèle une autre manière de découvrir la forêt camerounaise : non pas comme un décor sauvage, mais comme un patrimoine culturel vivant.
Dans les profondeurs forestières d’ABONG MBANG, les pistes de latérite ne conduisent pas seulement vers des chantiers de bois. Elles mènent aussi vers des histoires, des traditions et des savoirs que peu de voyageurs ont l’occasion de découvrir.
Tertulienne KENGNE MASSO épouse MECHING en a fait son quotidien. Originaire de BAMOUGOUM dans l’Ouest du Cameroun, elle vit désormais à l’Est, au contact permanent des massifs forestiers et des communautés riveraines. Exploitante forestière de profession, elle a appris avec le temps que le bois ne se résume pas à un volume ou à une essence marchande. Chaque arbre porte une fonction sociale ; certains servent pour les cases, d’autres pour les pirogues, d’autres encore pour les objets rituels.
Sur le terrain, ses déplacements ressemblent davantage à des immersions culturelles qu’à de simples missions techniques. Dans les villages, elle partage les repas, écoute les anciens, observe les gestes artisanaux et recueille les récits liés aux arbres. Elle découvre pourquoi certains troncs ne doivent jamais être abattus et comment la forêt structure la vie communautaire.
Cette proximité lui permet aujourd’hui de jouer un rôle inattendu ; celui de médiatrice entre la forêt et le regard extérieur. Car derrière l’exploitation forestière se cache un potentiel touristique encore peu exploré, celui d’un voyage fondé sur la connaissance, la rencontre et la transmission.
Accompagner Tertulienne KENGNE MASSO épouse MECHING, c’est apprendre à reconnaître une essence, comprendre l’utilité d’un bois dans la vie traditionnelle, écouter les chants du soir et saisir la relation sacrée entre l’homme et son environnement. La forêt devient alors un espace d’apprentissage plutôt qu’un simple paysage. Entre les montagnes de l’Ouest et les grandes forêts de l’Est, son parcours raconte une autre forme de mobilité ; celle qui relie les cultures d’un même pays.
À travers son métier, elle démontre que le tourisme peut naître là où l’on prend le temps d’écouter les territoires. Car parfois, voyager commence simplement par quelqu’un qui sait vous apprendre à regarder un arbre autrement.
NAS
